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Les indépendants plus satisfaits de leur travail que les salariés

Emploi & formation
Les indépendants plus satisfaits de leur travail que les salariés

Statbel, l'office belge de statistique, publie aujourd'hui les résultats d'un ensemble de questions ajoutées en 2017 à l'Enquête sur les forces de travail. Certaines questions s'adressaient spécifiquement aux indépendants.[1].

Principaux résultats:

  • 93,6 % de la population occupée déclare être très satisfaite (49,9%) ou plutôt satisfaite (43,7%) de son emploi. La satisfaction des travailleurs indépendants est un peu plus prononcée : 94,5% sont très satisfaits ou satisfaits.
  • 88% des indépendants déclarent qu'ils ne souhaitent pas travailler comme salariés. A l'inverse, 92,5% des salariés déclarent ne pas vouloir travailler comme indépendants.
  • Seulement 1,5% des indépendants sont des indépendants économiquement dépendants. Ils travaillent sans personnel et dépendent largement d'un seul client pour leurs revenus et l'organisation de leur travail.
  • 27,6% sont des travailleurs indépendants parce que ce type d’emploi est généralement exercé en tant qu’indépendant.
  • 32,1% des travailleurs indépendants ne rencontrent aucune difficulté dans leur travail en tant qu’indépendant; pour 27,6%, les charges administratives constituent leur principal problème.

  • La plupart des indépendants (70,9%) n'ont pas l'intention d'embaucher quelqu'un (de supplémentaire) ou de sous-traiter du travail au cours des 12 prochains mois.

Satisfaction professionnelle plus prononcée chez les indépendants

La population occupée se compose de 637.000 travailleurs indépendants, 3.966.000 salariés et 35.000 aidants non rémunérés.[2].

En général, ils sont satisfaits de leur emploi. 49,9% de l'ensemble des personnes occupées se disent très satisfaites, 43,7% plutôt satisfaites et 6,4% peu satisfaites voire insatisfaites.

La satisfaction professionnelle est plus prononcée chez les indépendants. Plus de la moitié d’entre eux (55%) sont très satisfaits et 39,5% sont plutôt satisfaits. Les salariés sont plutôt modérément positifs: 49% déclarent être très satisfaits et 44,4% plutôt satisfaits.

Il n'y a guère de différence entre les hommes et les femmes, tant pour les «très satisfaits» que pour les «plutôt satisfaits»: 50,2% et 43,9% contre 49,6% et 43,4%.

La satisfaction diminue légèrement avec l’âge, en partant de 94,9 % pour les 15-24 ans pour arriver à 93,1% chez les personnes de plus de 50 ans.

Un niveau d’instruction plus élevé a un effet positif sur la satisfaction professionnelle. Les personnes qui ont obtenu au mieux un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur sont pour 92% très satisfaites ou plutôt satisfaites. Ce chiffre est plus élevé pour les personnes qui détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur (94,1%).

Les indépendants sont également satisfaits de leur statut professionnel (d’indépendant)

88% des indépendants ne souhaitent pas travailler comme salariés. A l'inverse, 92,5% des salariés ne veulent pas travailler comme indépendants.

Les salariés et les aidants non rémunérés ont été interrogés sur les raisons pour lesquelles ils ne souhaitent pas devenir indépendants. La principale raison est le manque de sécurité financière (39,8%). 30% ont indiqué «une autre raison». Viennent ensuite «ne peut pas obtenir les moyens financiers» (14,6%), «moins de protection en matière de sécurité sociale» (8,2%) ou «trop de stress, de responsabilités ou de risques» (7,4%).

(In)dépendance en termes de revenu

La plupart des indépendants ne dépendent pas d'un seul client pour leurs revenus. 72,5 % d’entre eux ont eu 10 clients ou plus dont aucun en position dominante au cours des 12 derniers mois. 10,4 % des indépendants avaient 2 à 9 clients, mais aucun en position dominante. 

Cependant, pour 13% des indépendants, au moins 75% des revenus dépendent d’un seul client. Il peut s'agir d’indépendants n’ayant qu'un seul client ou d'indépendants ayant plusieurs clients, dont un en position dominante.

Ce sont surtout les indépendants sans personnel (16,9%) et les indépendants hautement qualifiés (16,6%) qui dépendent dans une large mesure d’un seul client pour leurs revenus.

De même, les indépendants de la catégorie «professions intellectuelles, scientifiques et artistiques» (18,4%) se trouvent plus souvent dans cette situation que ceux des métiers qualifiés de l’industrie et de l'artisanat (9,3%), par exemple.

(In)dépendance au niveau des heures de travail

On dit souvent des indépendants qu’ils peuvent déterminer eux-mêmes leur horaire. C’est effectivement le cas pour 88,8% d’entre eux. Ils décident eux-mêmes du début et de la fin de la journée de travail. Pour une plus petite partie des indépendants (8,1%), c’est le client qui détermine les heures de travail et pour une minorité (3,1%), l’horaire dépend d’autres facteurs, par exemple des fournisseurs ou des conditions climatiques.

Plus l'indépendant est âgé, plus il peut décider lui-même de son horaire. 90,8% des plus de 50ans décident eux-mêmes du début et de la fin de la journée de travail. À cet égard, les hommes sont un peu plus indépendants (89,9%) que les femmes (86,5%).

Les indépendants sans personnel (8,7%) dépendent plus des clients que les indépendants avec personnel (6,8%).

L’heure de début et de fin de la journée de travail des indépendants à niveau d’instruction élevé (9,6%) est également plus souvent déterminée par le client que pour les indépendants à niveau d’instruction faible (6,2%) ou moyen (6,8%).

Le secteur dans lequel l’indépendant travaille présente également des différences. Dans le secteur primaire ou de l'agriculture, presque tous les indépendants (97,8%) déclarent déterminer eux-mêmes le début et la fin de la journée de travail. Dans le secteur quaternaire (secteur du non-marchand), l’influence du client (13,4%) est également clairement plus importante que la moyenne (8,1%).

Les trois types de professions dans lesquelles les indépendants peuvent le plus souvent déterminer eux-même les heures de travail sont les agriculteurs et ouvriers qualifiés de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche (97,3%), les métiers qualifiés de l’industrie et de l'artisanat (92,5%) et les directeurs, cadres de direction et gérants (91,2%). Les trois catégories dans lesquelles l’horaire des indépendants dépend le plus des souhaits des clients sont les professions intellectuelles, scientifiques et artistiques (10,4%), le personnel des services directs aux particuliers, commerçants et vendeurs (10,3%) et les professions intermédiaires (10,1%).

L’ indépendant économiquement dépendant» selon Eurostat

Selon la définition d'Eurostat, l’office de statistique de l’Union européenne, une personne est un «indépendant économiquement dépendant» si:

  • elle travaille sans personnel
  • 75% de ses revenus dépendent d’un seul client
  • son horaire est déterminé par le(s) client(s).

En Belgique, 1,5% des indépendants (9.373) répondent à ces trois conditions.

Pourquoi travailler comme indépendant?

27,6% des indépendants travaillent comme tels parce que ce type d’emploi est normalement exercé sous ce statut. Il s'agit surtout d'une pratique courante dans le secteur quaternaire (secteur du non-marchand) (45,6%). Les indépendants tels que les médecins, les infirmiers ou les dentistes qui travaillent dans le domaine de la santé humaine et de l'action sociale indiquent ce motif comme étant le plus important (51,4%).

20,9% des indépendants travaillent sous ce statut plutôt par hasard, parce qu’une possibilité intéressante s’est présentée. C’est surtout le cas dans le commerce de gros et de détail (25,7%). Par ailleurs, 14,6% souhaitaient exercer une activité indépendante en raison de la flexibilité du temps de travail. Ce motif est plus souvent invoqué par les femmes (16,9%) que par les hommes (13,5%).

14% ont maintenu l’entreprise familiale. C’était plutôt le cas chez les hommes (15,7%) que chez les femmes (10,5%). Dans le secteur primaire ou de l'agriculture, il s'agit de la principale raison (63,3%) pour laquelle on s'installe comme indépendant.

Quelles difficultés rencontrent les indépendants?

32,1 % des indépendants déclarent n'avoir rencontré aucune difficulté importante dans le travail indépendant. 27,6 % perçoivent les charges administratives excessives (règles établies par les autorités) comme la difficulté la plus importante. Les retards de paiement ou les impayés des clients constituent pour 8,2 % la principale difficulté.

Les difficultés suivantes ont été moins souvent citées: absence de revenu ou revenu insuffisant en cas de maladie (6,4%), périodes sans travail (5,2%), périodes de difficultés financières (5%), trop peu d'influence sur la fixation du prix des tâches (4,1%), accès insuffisant à des moyens de financement pour l'activité exercée (1,5%) et autres difficultés (9,9%).

Collaborer ou embaucher du personnel

69,3% des indépendants travaillent sans personnel. Ils déclarent préférer travailler seuls (40,1%), qu’il n'y a pas suffisamment de travail (16,4%) ou que les cotisations sociales sont trop élevées (13,7%).

20,7de tous les indépendants ont l’intention d’embaucher quelqu’un (de supplémentaire) ou de sous-traiter du travail au cours des 12 prochains mois, contrairement à la grande majorité (70,9%). 8,6% n’ont pas l’intention d’embaucher du personnel mais prévoient de sous-traiter quelques travaux uniquement à un autre indépendant. Et 8,4% ne savent pas ce qu'il feront à ce niveau au cours des 12 prochains mois.

25,1% des indépendants travaillent avec un copropriétaire: quelqu'un qui participe aux décisions et qui a un intérêt financier dans l’entreprise. 33,8% travaillent avec un autre indépendant. Il s'agit alors de personnes (ou d’un réseau de personnes) qui ont des contacts professionnels réguliers avec pour objectif de partager le travail.

Des résultats détaillés de ce module sont disponibles ici.

 


[1] Les chiffres sont le résultat d’une interrogation sur le travail indépendant que Statbel, l'office belge de statistique, a couplée en 2017 à la première interrogation de l’enquête sur les forces de travail, une enquête coordonnée au niveau européen. 19.925 personnes de 15 ans ou plus ayant un emploi ont répondu à l’enquête. Si l’on extrapole à la population totale, il s’agit d’environ 4.638.000 personnes. La plupart des questions étaient destinées aux personnes dont le statut professionnel de l’emploi principal est le statut d’indépendant. Un certain nombre de questions ont également été posées aux salariés.

[2] Les résultats sont basés sur la première interrogation et non sur les 4 interrogations comme pour la plupart des résultats de l'EFT.

Table 1
Content

Dans quelle mesure êtes-vous satisfait(e) de votre emploi actuel? - EFT 2017

Satisfaction professionnelle Statut professionnel
Salariés Indépendants Aidants non rémunérés Total
Très satisfait 49,0% 55,0% 59,9% 49,9%
Plutôt satisfait 44,4% 39,5% 35,6% 43,7%
Peu satisfait 5,3% 4,3% 2,5% 5,2%
Pas du tout satisfait 1,2% 1,0% 2,1% 1,2%
Ne sait pas 0,0% 0,1% 0,0% 0,0%
Total 100,0% 100,0% 100,0% 100,0%
Table 2
Content

Module spécial « Jeunes sur le marché du travail » - EFT 2016

Comment l'emploi a été trouvé Pourcentage
candidature spontanée 26
famille, amis ou connaissances 24
petite annonce 17
agence d’intérim, de recrutement ou de sélection 10
l’employeur a lui-même pris contact 8
établissement d'enseignement 7
service public de l'emploi 6
autre 1
Total 100

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