Chiffres mensuels sur le marché du travail

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Chiffres mensuels sur le marché du travail – août 2020

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Chiffres mensuels sur le marché du travail – août 2020

Forte baisse de l’emploi en août

En tant qu’office belge de statistique, Statbel souhaite analyser l’impact de la crise du Covid-19 sur le marché du travail, en mettant rapidement à disposition des chiffres indicatifs. Après les mois d’avril et de mai, durant lesquels l’emploi avait baissé, nous avons observé en juin et en juillet une hausse du nombre de personnes occupées. Entre-temps, un revirement semble s'être amorcé, car les résultats provisoires de l'enquête sur les forces de travail pour le mois d'août de cette année montrent à nouveau une diminution du nombre de personnes occupées au mois d'août. Nous constatons en particulier une forte diminution du nombre de salariés, le nombre d’indépendants restant assez stable.

Le taux d’emploi des 20 à 64 ans est estimé en août à 68,8%, soit son plus bas niveau depuis le début de la crise sanitaire. Chez les plus de 55 ans, le taux d'emploi continue d'augmenter, mais dans les autres tranches d'âge, le taux d'emploi est en forte baisse par rapport au niveau des mois précédents. Le taux d’emploi régresse surtout en Flandre. En Wallonie, la baisse du pourcentage de personnes occupées âgées de 20 à 64 ans est limitée et à Bruxelles, on observe même une légère augmentation en août par rapport au mois précédent. Le taux d’emploi des 20-64 ans est estimé en août à 61,6% à Bruxelles, 72,3% en Flandre et 65,0% en Wallonie.

Le taux de chômage BIT se stabilise à 6,7% en août

Le taux de chômage BIT[1] des 15 à 64 ans, qui affichait encore une tendance baissière durant les mois de mars et d’avril, a commencé à augmenter à partir du mois de mai. En juillet, le taux de chômage BIT a brusquement augmenté, passant de 5,4% à 6,7%. Ce taux se stabilise à 6,7% en août. À Bruxelles, après une forte hausse en juillet, le taux de chômage a de nouveau diminué, tandis qu'en Flandre et en Wallonie, le taux de chômage a légèrement progressé. Le taux de chômage des 15-64 ans s’élève à 13,4% à Bruxelles, 5,0% en Flandre et 7,8% en Wallonie.

Forte hausse du nombre d’inactifs

La forte baisse de l'emploi, combinée à une stabilisation du chômage en août, s'accompagne d'une augmentation substantielle du nombre de personnes inactives. En août, 4.382.000 personnes étaient inactives contre 4.237.000 en juillet.

Toutefois, ce chiffre reste bien inférieur au niveau d'avril et de mai de cette année, où le nombre de personnes inactives était encore plus élevé. Mais pendant cette période, le nombre de chômeurs BIT était beaucoup plus faible qu'en août. Cela s'explique par le fait qu'au début de la crise de Covid-19, de nombreuses personnes sans emploi n’ont pas cherché activement un emploi, ou n'étaient pas disponibles dans les deux semaines pour commencer à travailler parce qu'elles devaient s'occuper d’enfants, par exemple. Ce groupe est comptabilisé parmi les inactifs selon les définitions du BIT. Depuis l'été, cependant, une partie de ce groupe semble chercher à nouveau activement du travail et être à nouveau disponible pour commencer à travailler dans les deux semaines. Si ces deux conditions sont remplies, ces personnes ne sont plus comptabilisées parmi les inactifs, mais parmi les chômeurs BIT.

Si l'on compare avec le mois d'août de l'année dernière, on constate davantage d’inactifs tant chez les hommes que chez les femmes. C'est surtout en Flandre et dans le groupe des personnes moyennement qualifiées (diplôme de l'enseignement secondaire supérieur) que l'augmentation est la plus forte par rapport à l'année dernière. Le groupe des personnes inactives, qui sont disponibles mais ne sont pas activement à la recherche d’emploi, reste assez important et le niveau est également nettement supérieur par rapport au mois d'août de l'année dernière.

Les vacances la principale cause d’absence

L’impact de la crise sur la durée du travail a été encore plus important en avril et en mai qu’en mars, où la population n’avait été confinée que pendant deux des quatre semaines de référence. En avril 2020, plus de 44% des personnes occupées avaient moins travaillé que d’habitude ou pas du tout travaillé pendant la semaine de référence sur laquelle elles étaient interrogées. Cela concernait 2,1 millions de personnes occupées. Au mois de mai, nous avions déjà pu observer un premier effet positif des assouplissements intervenus et ce chiffre avait reculé à quelque 1,6 million. Au mois de juin, ce nombre a poursuivi sa baisse pour atteindre 1,1 million de personnes occupées. En juillet et en août, le nombre de personnes occupées qui déclarent ne pas avoir travaillé ou moins que d'habitude grimpe à nouveau à respectivement 1,6 et 1,5 million mais la période des vacances joue un rôle important dans cette augmentation.

Il y a, d’une part, le groupe des personnes qui déclarent ne pas avoir travaillé du tout pendant la semaine de référence. En août 2020, il s’agit de 1,1 million de personnes, soit environ le même nombre qu’en août de l’année dernière. Les vacances sont la principale cause d’absence. C’est le cas pour 813.000 personnes ayant un emploi. Ce nombre est inférieur de 115.000 unités à celui du mois d'août de l'année dernière. La deuxième raison principale pour ne pas avoir du tout travaillé pendant la semaine de référence est la maladie, un accident ou une incapacité temporaire. En août, ce groupe comptait 165.000 personnes. Pour 59.000 personnes, le chômage temporaire est la principale raison d’absence pendant l’ensemble de la semaine de référence. Ce nombre est inférieur d’à peine 9.000 unités à celui observé en juillet.

Il y a, d’autre part, le groupe des personnes qui déclarent avoir moins travaillé pendant la semaine de référence. Ce groupe compte 355.000 personnes en août 2020, soit 100.000 personnes de moins qu’en août 2019. Au cœur de la crise, en avril 2020, ce groupe se composait de 760.000 personnes. Pour 172.000 personnes, les vacances sont la principale raison pour moins travailler que d’habitude. Ce nombre est inférieur d’environ la moitié par rapport à août de l’an dernier. Les vacances sont suivies par le chômage temporaire avec 51.000 personnes. Ce nombre est inférieur de 19.000 unités par rapport à juillet mais nettement supérieur au nombre observé avant la crise.

Durée effective moyenne du travail par semaine pratiquement égale à celle d’août de l’an dernier

En raison des vacances, la durée effective moyenne du travail par semaine pendant les mois de vacances est généralement inférieure à celle des autres mois. En juillet 2020, les personnes occupées ont presté en moyenne 26 heures par semaine dans leur emploi principal. En août, la durée moyenne du travail était de 26,7 heures, ce qui est même légèrement supérieur à la durée moyenne du travail observée en août de l’an dernier où elle s’élevait à 26,4 heures.


[1] Les chômeurs BIT sont toutes les personnes qui n’ont pas d’emploi, recherchent activement un travail et sont disponibles pour commencer à travailler dans un délai de deux semaines.

Information méthodologique

Les chiffres présentés ici sont des résultats de l’Enquête sur les forces de travail (EFT), qui est une enquête harmonisée au niveau européen. Les définitions de l’emploi et du chômage utilisées sont celles du Bureau international du Travail (BIT), garantissant ainsi la comparabilité des résultats à l’échelle internationale. Les définitions utilisées se trouvent ici: https://statbel.fgov.be/fr/themes/emploi-formation/marche-du-travail/emploi-et-chomage

Notez que les chômeurs temporaires sont temporairement absents de leur travail et sont comptabilisés parmi les personnes occupées.

L’enquête sur les forces de travail est une enquête continue, ce qui signifie que l'échantillon est réparti uniformément sur les 52 semaines de l'année. Les répondants sélectionnés répondent à un questionnaire qui porte principalement sur leur activité durant une semaine de référence donnée. Les résultats sur base mensuelle peuvent être considérés comme la moyenne du mois.

Pour établir des indicateurs mensuels, les réponses des répondants pour un "mois" donné (c'est-à-dire un ensemble de 4 ou 5 semaines calendrier ou de référence complètes consécutives, par exemple mars 2020 comprend les semaines de référence 10-13) ont été calibrées à l'aide du modèle suivant : Prov*Sex*Agecat + Regio*Educat3c où Prov = province, Sex = sexe, Agecat = catégorie d’âge par tranches de 5 ans, Regio = 3 régions, Educat3c = niveau d’instruction (faible, moyen, élevé). À cette fin, deux cadres sont utilisés pour calculer les totaux de calibrage (benchmarks):

  • Du Registre national: chiffres de la population au premier jour du trimestre, en fonction du croisement Prov*Sex*Agecat.
  • De l’EFT: chiffres de population estimés selon le croisement Regio*Educat3c, c'est-à-dire une distribution estimée du niveau d'instruction par région ; à cette fin, nous utilisons des échantillons EFT calibrés pour les 4 derniers trimestres disponibles (par exemple, pour janvier-mars 2020, ce sont les trimestres 2018T4 à 2019T3).

Les chiffres présentés ne sont pas des chiffres effectifs de la population mais des approximations basées sur l’extrapolation d’un échantillon aléatoire de la population belge. Il faut en tenir compte lors de l’interprétation des chiffres. Les résultats présentés ici sont des résultats indicatifs sur base mensuelle et sont donc sujets à de plus fortes fluctuations aléatoires que les résultats sur base trimestrielle et annuelle car ils reposent sur un douzième de l’échantillon sur base annuelle. Pour mars 2020, il s’agit d’environ 8600 répondants. Les petits nombres et les petites variations dans le temps doivent donc être interprétés avec prudence car ils sont basés sur les réponses d'un nombre limité de répondants.

Les statistiques mensuelles reprises dans ce fichier sont des statistiques expérimentales produites dans le but spécifique de suivre la crise du coronavirus. Il est important de garder à l'esprit qu'il s'agit toujours de chiffres provisoires, produits sur une première version des données et où la rapidité prime sur l'exhaustivité et la qualité des données reçues. Les chiffres mensuels resteront provisoires jusqu'à la publication des résultats trimestriels officiels.

Vous trouverez davantage d’informations sur l’enquête sur les forces de travail sur les pages suivantes:

https://statbel.fgov.be/fr/themes/emploi-formation/marche-du-travail/emploi-et-chomage

Réforme de l'enquête sur les forces de travail en 2017